Le plan de départs volontaires est repoussé de juin à décembre 2013. La direction du groupe PSA Peugeot-Citroën l'a annoncé jeudi, en évoquant aussi des pistes de reconversion industrielle, en lien avec la SNCF.
Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue jeudi en fin de journée au siège de PSA, Denis Martin, directeur industriel du groupe, a donné des précisions sur le futur plan social qui touche notamment les sites d'Aulnay et Rennes. Le plan de départs volontaires, qui concerne 1 400 emplois sur 5 400 à Rennes, était initialement fixé en juin. Il est finalement repoussé au 31 décembre 2013.
Les salariés ayant 20 ans d'ancienneté, qui accepteraient un départ volontaire, toucheraient une prime de 60 000 €, ou 40 000 € dans le cadre d'une mutation interne. Toujours concernant le site de Rennes, Denis Martin a confirmé qu'une centaine d'emplois serait conservée dans le cadre du projet de réindustrialisation du site. L'implantation d'une activité ferroviaire a de nouveau été évoquée (lire ci-contre).
Les réactions
Pierre Contesse (Force ouvrière). « Le plan de départs volontaires est repoussé de six mois, au 31 décembre 2013. On peut parler d'une évolution par rapport à ce qui nous avait été annoncé en juillet dernier. Cela donne un peu de répit aux salariés, qui vont pouvoir prendre un peu de recul sur leur devenir. Les primes de départ varient selon l'ancienneté. Les dernières embauches, à la Janais et à Aulnay, remontent à 8-9 ans. On a reçu l'assurance qu'aucun des salariés les plus récemment embauchés ne partira avec une prime inférieure à 33 000 €. Mais tout n'est pas réglé, il reste beaucoup de points à discuter lors des prochaines réunions sur le plan social. Jean-Claude Mailly (secrétaire générale de FO), remettra ce vendredi au directeur industriel de PSA, avec des représentants du personnel, un livre blanc pour la sauvegarde de l'activité industrielle de PSA. »
Didier Picard (CFE/CGC). « Le report de la date limite du plan de départs volontaires était l'une de nos revendications principales. Un report qui était nécessaire pour faire accoster le maximum de solutions de réindustrialisation sachant que la plupart des propositions ne seront effectives qu'au deuxième trimestre 2014. Concernant les propositions d'indemnisation, c'est une avancée par rapport au premier jet du plan mais il ne faut pas que la direction se trompe. Nous sommes en négociation, pas en information. Nous rediscuterons lors de la prochaine réunion de négociation le 29 janvier prochain. Le plan de départs volontaires ne doit laisser personne de côté. On aimerait aussi ne plus être dans le flou le plus complet concernant la réindustrialisation. Nous n'avons aucune vision factuelle. Quelles entreprises, quelle pérennité? Nous avons l'impression qu'il s'agit d'un sujet secret défense alors que les salariés sont les premiers concernés.»
Jean-Paul Noblet (CGT). « Le report du plan de départs volontaires est une avancée car cela permet aux salariés de réfléchir. Des primes de départ ont aussi été annoncées, selon certains critères, dont l'ancienneté. Mais ce n'est pas suffisant, le compte n'y est pas. En tout cas, c'est la première fois, en 7 réunions, qu'il y a du concret. »
Philippe Bonnin, maire de Chartres-de-Bretagne. « Je me félicite de ce report de six mois du plan de départs volontaires, mais aussi du climat social positif qui existe à la Janais. Tous les acteurs font preuve d'un sens de la responsabilité et d'une réelle détermination à maintenir les compétences et le savoir-faire sur notre territoire. L'industrie automobile en Ille-et-Vilaine n'est pas substituable par une autre industrie. Les pistes de reconversion industrielle ne doivent en aucun cas aboutir à un démantèlement, même rampant, de la filière automobile. Il y a ici un potentiel humain, technologique et foncier pour avancer dans des perspectives industrielles liées à la mobilité. Le ferroviaire est l'une des pistes à l'étude. »
http://www.entreprises.ouest-france.fr : Samuel NOHRA et Laurent LE GOFF
Vendredi 18 janvier 2013
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