vendredi 24 mai 2013

Ricoh : 338 postes menacés







Le leader mondial de la bureautique pourrait supprimer plus de 13% de ses effectifs en France. 150 salariés seraient concernés à Rungis.

La direction de l’entreprise Ricoh France, dont le siège est basé à Rungis, a expliqué hier matin que 338 postes pourraient être impactés d’ici un an par un projet de réorganisation de l’entreprise, ce qui représente un peu plus de 13% des effectifs. L’annonce, intervenue lors d’un comité d’entreprise, a immédiatement fait bondir les syndicats du fabricant japonais de produits bureautiques.
Selon Thang Doan, délégué CGT, « la moitié des suppressions devrait concerner le siège de Rungis », un chiffre que n’a pas été en mesure de confirmer ni d’infirmer la direction de l’entreprise, hier soir. Ricoh France avait mis en place un plan de départ volontaire en 2010, qui avait abouti au départ d’environ 150 salariés. En tout, 200 à 250 postes ont été supprimés par Ricoh France depuis trois ans selon la CGT.

Du côté du syndicat CFE-CGC, on s’inquiète de cette annonce qui « pourrait impacter la totalité de certains services ». « Ces 338 postes, c’est un chiffre astronomique, avance Frédéric Guérin, délégué syndical. On se demande comment on va continuer à fonctionner dans certains services. Tous les types de postes sont concernés. Cela peut aussi bien aboutir au licenciement d’un directeur des processus qu’à celui d’un assistant de direction. Mais on nous annonce, par exemple, la possible disparition de 43 postes de gestionnaires de compte client rien qu’à Rungis. »

La direction de Ricoh France cherchait à tempérer, hier soir, l’annonce intervenue en matinée. « La réunion ne visait qu’à présenter un premier jet du projet », explique Eric Baudart, directeur de la communication, confirmant que « l’entreprise rencontre des difficultés depuis 2008 et a présenté une perte sèche de 2 M€ sur l’année fiscale 2012. Les prix copies et les marges s’érodent beaucoup depuis six ans », explique-t-il. La direction s’attachait également à rassurer les salariés. « Nous devons rencontrer à nouveau les partenaires sociaux dans un mois afin de connaître leurs retours sur ce que nous leur avons proposé ce matin. Notre objectif, c’est d’éviter au maximum les licenciements contraints, comme nous l’avions fait en 2010 en mettant en place un plan de départ volontaire. » Ricoh France a toutefois confirmé avoir pour projet « d’externaliser certaines tâches administratives pour les mutualiser au niveau européen ». Une infrastructure de back-office, réalisant des tâches au profit de plusieurs filiales, pourrait ainsi être créée à Barcelone selon la CGT.

« C’est une démarche qui pourrait poser de nouveaux problèmes organisationnels, regrette Frédéric Guérin, de la CFE-CGC. Les procédures sont déjà très lourdes. Elles le seraient encore plus si nous devions fonctionner avec des collaborateurs qui ne seraient plus sur place, à Rungis, mais à l’étranger… »


Le Parisien Publié le 24.05.2013

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