près plus de quatre mois sans dirigeant, les administrateurs du groupe Accor, dont le siège historique est à Evry-Courcouronnes, ont choisi Sébastien Bazin comme nouveau Président-directeur général. Jusque là à la tête du fond d’investissement Colony Capital, son arrivée fait craindre aux acteurs locaux un démantèlement progressif du groupe hôtelier.
Le célèbre immeuble d’Accor, visible depuis l’autoroute A6 (Mathieu Miannay / EI)
La nomination mardi, lors d’un Conseil d’administration extraordinaire, de Sébastien Bazin, jusque là dirigeant de Colony Capital à la tête du groupe Accor aura-t-elle des conséquences locales? Dans une tribune publiée lundi dans les pages économie du journal Le Monde, le président de l’agglomération d’Evry Francis Chouat alertait sur la situation de l’entreprise, théâtre selon lui « d’un véritable putsch du capitalisme financier sur le capitalisme industriel » .
Depuis le débarquement de l’équipe de direction en avril, par les actionnaires, les observateurs sont vigilants quant au devenir de l’un des fleuron de l’industrie hôtelière française. « L’entreprise est la victime d’une gigantesque vente à la découpe qui menace la pérennité de son activité » écrit alors l’élu, d’autant plus concerné par l’avenir du groupe que la majeure partie de son administration, ainsi que son école de formation, se situent à Evry et Courcouronnes.
Cessions des murs
Des craintes partagées par les salariés de l’enseigne, et leurs représentants, encore sceptiques sur la pérennité des emplois locaux. « Ce que l’on sait c’est qu’il y a un plan de départ volontaire au sein de la maison mère Groupe Accor, ainsi que dans la structure SMI (marketing, support, informatique du groupe) » indique Ollivier Champetier, de l’union locale de la CGT Evry. 172 départs avaient déjà été annoncés en mars dernier, et le syndicaliste pense qu’à terme, les activités du groupe en Essonne sont appelées à être centralisées à Paris. La nomination de Sébastien Bazin correspond selon lui, « à la recherche de toujours plus de dividendes pour les actionnaires comme Colony Capital » . Avec Eurazeo, ces deux fonds d’investissement commandent aux destinées du groupe, qui applique ces dernières années une stratégie de scissions (Tickets restaurant) et de franchisation de ses établissements, parmi lesquels ses hôtels de marque Ibis, Novotel ou F1.
Le centre de formation d’Accor. (Mathieu Miannay / EI)
Le nouveau PDG a rapidement rendu visite aux salariés essonniens, afin de les rassurer, commele rapporte le journal Les Echos. Sébastien Bazin a affirmé ne pas être là pour démanteler le groupe, et a précisé qu’il comptait rester plusieurs années à son poste. Deux des fondateurs du groupe et toujours administrateurs, Paul Dubrule et Gérard Pélisson, partisans de la nomination de Bazin, ont déclaré être « convaincus qu’il saura imprimer le nouvel élan dont Accor a besoin pour continuer à se développer dans la durée » . « J’attendrai d’être reçu par M.Bazin pour vraiment me faire un avis sur le choix de sa nomination, mais à l’heure actuelle, je constate que ce sont ceux qui portent la logique financière du groupe Accor qui en sont désormais à la tête » a pour sa part réagit le maire d’Evry Francis Chouat.
Un appel au « redressement productif »
Ce dernier en appelle ainsi « au gouvernement et notamment Arnaud Montebourg, que la situation soit clarifiée dans le cadre du redressement productif, qui concerne aussi le secteur de l’hôtellerie » . C’est particulièrement la question du maintien des emplois locaux qui inquiète l’édile, qui se déclare « autant préoccupé que les représentants syndicaux. Les bruits courent depuis des semaines sur des disparitions de postes, voire de l’Académie Accor de Courcouronnes » .
« Tant que la situation ne sera pas clarifiée, je resterai inquiet sur l’avenir d’Accor en Essonne. » affirme enfin Francis Chouat, tandis que la CGT souligne que même si il ne s’agit pas d’un PSE (Plan de sauvegarde de d’emploi), « les départs volontaires correspondent à des suppressions d’emplois » . Du côté d’Accor, on précise pourtant qu’à l’heure actuelle « il est trop tôt » pour prendre des décisions concernant les sites d’Evry-Courcouronnes. La nouvelle équipe va prendre les commandes du groupe, et « il faut du temps pour que tout se mette en place » indique-t-on du côté de la direction. A l’annonce de cette nomination, le titre Accor a d’abord perdu de sa valeur à la bourse de Paris, avant de remonter en fin de semaine. Les investisseurs semblent ainsi circonspects pour le moment. Tout comme les franchisés Accor, dont la fédération a annoncé qu’elle sera« particulièrement attentive » aux décisions du groupe. Une situation « à suivre de prêt » résume sur Twitter le maire de Courcouronnes Stéphane Beaudet.
Publié le Lundi 2 septembre 2013 ESSONNE INFO
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